Opilion commun Phalangium opilio : identification et rôle utile dans les jardins français
Comment reconnaître l'opilion commun aux longues pattes en octobre, le distinguer d'une araignée, et pourquoi il est totalement inoffensif.
Chaque mois d'octobre, les terrasses, les rebords de pots, les murs ensoleillés et les abords de piscine des jardins français se peuplent de petites silhouettes aux allures de pelote grise portée par huit pattes immenses. Ce visiteur très répandu, souvent confondu avec une araignée, c'est l'opilion commun Phalangium opilio. Avant les premières gelées, c'est la période où on le voit le mieux. Et il mérite qu'on cesse de le craindre ou de le confondre.
La réponse rapide en une phrase
L'opilion commun Phalangium opilio, reconnaissable à son corps ovale compact de 5 à 8 mm porté par 8 pattes très longues, n'est pas une araignée mais un arachnide de l'ordre Opiliones : il ne possède ni venin ni toile, il est strictement inoffensif pour l'humain, et il joue un rôle utile de nettoyeur détritivore au jardin.
Identification physique de l'opilion commun en octobre
Les critères visuels sont nets quand on sait quoi regarder. Le corps est ovale, compact, en une seule pièce (pas de taille fine entre deux segments), mesure 5 à 8 mm pour les adultes, la femelle étant un peu plus grosse que le mâle. La couleur varie du gris brun au beige, avec parfois une bande dorsale plus foncée dessinant une tache allongée. Les 8 pattes sont extrêmement longues et fines, jusqu'à dix fois la longueur du corps, ce qui donne cette impression de pelote qui flotte au-dessus du sol.
Sur le dessus du corps, un petit tubercule central porte 2 yeux disposés latéralement, un signe diagnostique très utile puisque les véritables araignées en possèdent 8. En octobre, c'est la pleine saison de visibilité : les adultes nés au printemps ou en été ont achevé leur cycle, pondent leurs œufs dans le sol meuble ou sous une pierre, puis meurent avant l'hiver. Les œufs restent en diapause et éclosent au printemps suivant. On peut donc observer facilement les derniers adultes sur les surfaces chauffées par le soleil d'automne.
Pourquoi l'opilion commun n'est pas une araignée
C'est le point le plus important à retenir. L'opilion commun appartient à l'ordre Opiliones, totalement distinct de l'ordre Araneae auquel appartiennent les véritables araignées. Les deux ordres font partie de la classe des arachnides, mais ils ont divergé il y a très longtemps et possèdent chacun leurs propres caractéristiques anatomiques et biologiques.
Les différences avec une araignée fauchoir domestique Pholcus phalangioides, souvent confondue avec un opilion par les non spécialistes, sont parlantes. L'opilion a un corps en une pièce, l'araignée fauchoir a deux segments séparés. L'opilion ne tisse jamais de toile, l'araignée fauchoir vit suspendue à la sienne au plafond. L'opilion est détritivore omnivore (fruits mûrs tombés, petits insectes morts, excréments séchés), l'araignée fauchoir est prédatrice stricte. L'opilion a 2 yeux, l'araignée fauchoir en a 8. Et surtout : l'opilion n'a pas de glandes venimeuses, ni de chélicères piquants fonctionnels, alors que l'araignée fauchoir possède un petit appareil venimeux inoffensif pour l'humain mais fonctionnel pour ses proies.
Le mythe tenace du venin extrêmement toxique
Beaucoup de personnes ont entendu dire que l'opilion possède un venin très dangereux mais ne peut pas l'injecter faute de crochets assez longs. C'est faux à tous les étages. L'opilion ne possède tout simplement aucune glande venimeuse : rien, pas la moindre toxine à injecter. Ses chélicères, les petites pièces buccales à l'avant du corps, servent à manipuler et à broyer de minuscules morceaux de nourriture molle (fruit mûr, insecte mort), pas à percer une peau.
Autre croyance populaire tenace à propos de l'opilion commun : la patte qui saigne quand on la touche. C'est tout aussi faux. Ce que fait l'opilion, c'est détacher délibérément une patte par un mécanisme d'autotomie défensive, un peu comme un lézard qui lâche sa queue, pour échapper à un prédateur. Cette patte amputée continue à bouger quelques secondes sous l'effet nerveux résiduel, ce qui crée l'illusion. Pas de sang coloré, pas de projection, juste un sacrifice anatomique définitif puisque, contrairement au lézard, la patte de l'opilion ne repousse pas. D'où l'importance de ne pas saisir un opilion par une patte si on veut le déplacer.
Rôle écologique et attitude à adopter au jardin
Dans l'écosystème du jardin, l'opilion commun joue un rôle discret mais utile de nettoyeur. En explorant la nuit (et le jour sur les surfaces chaudes en automne) les rebords de pots, les dalles de terrasse, les murets, les abords de compost, il consomme les petits cadavres d'insectes, les fruits mûrs tombés en décomposition, les débris organiques divers. Il contribue ainsi à limiter les foyers de pourriture et de moucherons, et il peut occasionnellement attraper des pucerons ou des collemboles.
L'attitude à adopter en octobre est donc simple : observer, identifier, ne pas déranger. Évitez surtout les insecticides qui n'ont aucun intérêt contre un animal utile et sans danger, et qui tueraient aussi les auxiliaires voisins du jardin. Si un opilion s'invite dans la cuisine ou la véranda, déplacez-le délicatement avec un verre et un carton, sans jamais le saisir par une patte, et libérez-le près d'un muret ou d'un tas de pierres. En novembre, les derniers adultes auront disparu naturellement, laissant leurs œufs attendre le printemps dans le sol.
Questions fréquentes
L'opilion commun est-il dangereux pour l'humain ou les animaux domestiques ?
Comment différencier un opilion d'une araignée fauchoir Pholcus phalangioides ?
Que mange l'opilion commun et quel est son rôle dans le jardin ?
Faut-il tuer un opilion qu'on trouve sur sa terrasse en octobre ?
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