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Panorama de 3 arrondissements parisiens à forte densité de pigeons bisets Columba livia en 2026

Panorama de 3 arrondissements parisiens à forte densité de pigeons bisets autour de Châtelet, République et Gare du Nord: 1er, 4e, 10e.

Christophe Cohen • •
photo documentaire sans texte sans logo d'un groupe de pigeons bisets Columba livia posés sur une corniche de pierre haussmannienne à Paris, lumière douce de fin d'après-midi, teintes grises nuancées
photo documentaire sans texte sans logo d'un groupe de pigeons bisets Columba livia posés sur une corniche de pierre haussmannienne à Paris, lumière douce de fin d'après-midi, teintes grises nuancées

Le pigeon biset Columba livia, forme urbaine descendante du biset rupestre méditerranéen, reste l'oiseau le plus visible du paysage parisien. Dans un recensement issu des campagnes conduites par la Ville de Paris et de la mission Animal en ville, trois arrondissements se détachent dans le panorama pigeons bisets Paris arrondissements: les 1er, 4e et 10e.

Un dénombrement estimé entre 15 000 et 25 000 pigeons à Paris

Le dernier chiffre communiqué par la Ville de Paris situe la population parisienne de pigeons bisets entre 15 000 et 25 000 individus, soit une densité d'environ 150 à 240 pigeons par kilomètre carré en moyenne lissée. Ce chiffre couvre à la fois les colonies installées sur les monuments historiques, celles des cours d'immeubles haussmanniens et les groupes périphériques des gares. Les méthodes de comptage mobilisent le marquage par cerclage de pattes, les relevés photographiques et, depuis 2022, la vidéo-analyse automatisée dans certains sites pilotes. Ces chiffres restent une estimation: la mobilité du pigeon biset urbain, qui parcourt jusqu'à deux kilomètres par jour entre dortoir, source d'eau et site d'alimentation, rend les comptages ponctuels fragiles. Les écologues parlent de densité relative plutôt que de densité absolue, et travaillent par zones de 500 mètres de côté.

Trois arrondissements où la densité est particulièrement élevée

Trois arrondissements concentrent les signalements les plus fréquents et les colonies les plus denses, selon les campagnes 2023-2025 et selon les comptages des associations partenaires:

  • (a) 1er arrondissement, autour du secteur Châtelet-Les Halles, où la combinaison du forum souterrain, des places minérales et du flux touristique continu soutient des colonies de plusieurs centaines d'individus
  • (b) 4e arrondissement, dans le périmètre Hôtel de Ville, place Saint-Paul et abords de l'île de la Cité, où les corniches basses et les toitures accessibles offrent des sites de nidification
  • (c) 10e arrondissement, autour de la Gare du Nord, de la Gare de l'Est et de la place de la République, premier pôle de concentration lié au nourrissage informel et aux déchets alimentaires

Ces trois secteurs présentent un facteur commun: la coexistence de monuments en pierre poreuse, de places ouvertes au nourrissage et d'une offre alimentaire quasi continue issue de la restauration rapide.

Dispositif des pigeonniers contraceptifs de la Ville de Paris

La Ville de Paris a installé huit pigeonniers contraceptifs depuis le milieu des années 2010, chacun capable d'accueillir une colonie de 100 à 300 oiseaux. Le principe est simple: une fois les pigeons fidélisés par un nourrissage mesuré, les œufs pondus dans les niches sont secoués manuellement par un prestataire, ce qui bloque le développement embryonnaire sans détruire la coquille. Ce protocole permet aux femelles de rester en couvaison et évite une ponte compensatoire. Les sites couvrent notamment le square de la Trinité (9e), le square Rapp (7e) et le parc Monceau (8e). Un dispositif supplémentaire a été prévu dans le secteur Beaubourg. Le coût annuel moyen est d'environ 3 000 euros par pigeonnier, pour un budget consolidé proche de 25 000 euros par an, intégrant stérilisation des œufs, nettoyage, nourrissage bimensuel et suivi sanitaire.

Risques sanitaires modérés en espace public

Les risques sanitaires associés au pigeon biset en ville restent qualifiés de modérés par les agences sanitaires. Trois pathogènes concentrent l'attention: Chlamydia psittaci, agent de l'ornithose-psittacose, transmise par inhalation de poussières contaminées, documentée surtout chez les éleveurs professionnels et les manipulateurs d'oiseaux captifs; Histoplasma capsulatum, champignon associé aux fientes accumulées en milieu confiné de type grenier ou volière, qui ne pose pas de risque dans les espaces publics parisiens ventilés; et Cryptococcus neoformans, levure présente dans les fientes séchées de pigeons, qui n'infecte quasiment que des patients immunodéprimés. Le pigeon biset parisien ne transmet ni la grippe aviaire hautement pathogène, ni la salmonellose humaine courante, ni la tuberculose. Les gants de ménage et un simple lavage des mains après contact avec une zone fientée suffisent dans la très grande majorité des cas.

Nourrissage interdit par l'article R625-7

Depuis la révision du Code pénal, l'article R625-7 interdit, sur la voie publique et dans les lieux ouverts au public, de jeter ou de déposer des graines ou nourritures pouvant attirer des animaux errants, sauvages ou féroces. La sanction est une amende prévue pour les contraventions de 5e classe, pouvant atteindre 1 500 euros. À Paris, cette disposition est relayée par un arrêté municipal du préfet de police, affiché dans les parcs. En pratique, les procès-verbaux restent rares, mais la Ville de Paris les mobilise ponctuellement dans les zones les plus sensibles, notamment autour de la Gare du Nord et de la place de la République. L'enjeu reste d'orienter le nourrissage, lorsqu'il est pratiqué, vers les pigeonniers contraceptifs plutôt que vers l'espace public ouvert.

Perspectives pour 2026

La Ville de Paris a annoncé viser, à l'horizon 2030, un pigeonnier contraceptif par arrondissement, soit un doublement du parc actuel. Cette extension suppose la mise à disposition de parcelles municipales et le recrutement de prestataires formés au secouage des œufs. Le modèle fait école: Apt (Vaucluse) a inauguré ses premiers pigeonniers contraceptifs en 2025, Toulouse et Nantes conduisent des projets comparables. Pour les copropriétés parisiennes, le levier le plus efficace reste la combinaison de trois mesures: pose de pics ou de filets sur les corniches basses, nettoyage régulier des cours intérieures et information des locataires sur l'interdiction de nourrissage. Toute solution létale (gazage, tir, piégeage mortel) est écartée par la Ville de Paris, qui privilégie l'approche contraceptive, moins coûteuse à moyen terme et mieux acceptée par la population. Pour les copropriétaires situés dans les 1er, 4e et 10e arrondissements, le travail avec un bailleur social voisin ou avec le gestionnaire de monument classé donne généralement de meilleurs résultats qu'une démarche isolée, car les pigeons bisets circulent à l'échelle d'un quartier et non d'un immeuble isolé. Les diagnostics préalables conduits par un ornithologue urbain permettent d'identifier les sites de dortoir nocturne, souvent distincts des sites de nidification diurne.

Questions fréquentes

Peut-on attraper une maladie en touchant une fiente de pigeon à Paris ?
Le risque sanitaire direct en espace public est très faible. Les trois pathogènes documentés (Chlamydia psittaci, Histoplasma capsulatum, Cryptococcus neoformans) concernent surtout des manipulations prolongées en milieu confiné ou des patients immunodéprimés. Un lavage des mains après contact suffit dans la grande majorité des cas.
Est-il interdit de nourrir les pigeons dans un parc parisien ?
Oui. L'article R625-7 du Code pénal interdit, sur la voie publique et dans les lieux ouverts au public, de jeter ou de déposer des graines ou nourritures pouvant attirer des animaux. La sanction est une contravention de 5e classe, jusqu'à 1 500 euros d'amende. Un arrêté préfectoral de police relaie cette interdiction à Paris.
Combien de pigeons compte Paris en 2026 ?
La Ville de Paris estime la population de pigeons bisets entre 15 000 et 25 000 individus, soit une densité moyenne de 150 à 240 oiseaux par kilomètre carré. L'estimation reste indicative: la mobilité du pigeon biset urbain, qui parcourt jusqu'à deux kilomètres par jour, rend les comptages ponctuels fragiles.
Pourquoi la Ville de Paris choisit-elle les pigeonniers contraceptifs plutôt que l'abattage ?
L'approche contraceptive stabilise la population sans effet de rebond: lorsque les œufs sont secoués, les femelles restent en couvaison, ce qui évite une ponte compensatoire. Elle est moins coûteuse à moyen terme (environ 3 000 euros par pigeonnier et par an) et socialement mieux acceptée que le gazage ou la stérilisation chirurgicale.

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