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Panorama de 4 régions françaises où le campagnol roussâtre Myodes glareolus prolifère en novembre 2026

Campagnol roussâtre régions France novembre 2026 : Bretagne, Normandie, Franche-Comté, Massif Central concentrent les fortes densités automnales.

Christophe Cohen • •
Campagnol roussâtre Myodes glareolus au pelage brun-roux sur une lisière forestière en automne
Campagnol roussâtre Myodes glareolus au pelage brun-roux sur une lisière forestière en automne

Le campagnol roussâtre régions France novembre est un dossier qui revient chaque automne sur ma table de consultant, et 2026 ne fait pas exception. Les relevés transmis par l'Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement et par la Zone Atelier Armorique du CNRS pointent quatre bassins où Myodes glareolus atteint des densités de plus de 150 individus à l'hectare. J'y passe plusieurs journées par mois pour accompagner arboriculteurs et collectivités, et le constat de terrain colle aux cartes scientifiques : la bête profite d'un hiver doux, d'une faînée généreuse et d'un bocage qui recule.

Reconnaître Myodes glareolus avant toute intervention

Avant d'armer un piège, il faut lever le doute d'espèce. Le campagnol roussâtre mesure 8 à 11 cm, auxquels s'ajoute une queue bien visible de 3 à 5 cm, soit près de la moitié du corps. Son pelage affiche un dos brun-roux franc, presque châtain, qui tranche avec des flancs gris jaunâtre et un ventre crème. L'œil est noir et saillant, l'oreille dépasse légèrement du pelage.

La confusion la plus fréquente, celle que je corrige deux fois sur trois lors d'une première visite, concerne le campagnol des champs Microtus arvalis. Ce dernier reste plus trapu, affiche un gris uniforme sans nuance rousse, et sa queue de 3 cm à peine disparaît presque dans la fourrure. L'erreur n'est pas anodine : les deux espèces ne colonisent pas les mêmes milieux, ne causent pas les mêmes dégâts et ne répondent pas aux mêmes piégeages. Je demande toujours une photo du spécimen avant de valider un protocole.

Bretagne et Normandie : le bocage dégradé en première ligne

La Bretagne arrive sans surprise en tête du panorama 2026. La Zone Atelier Armorique, antenne CNRS basée à Rennes, suit depuis plus de vingt ans les populations de petits mammifères du bassin de Pleine-Fougères. Les relevés de l'automne 2026 montrent des densités que l'équipe qualifie de pic cyclique, avec jusqu'à 170 captures par hectare dans les parcelles où le linéaire de haies est tombé sous 60 mètres à l'hectare. Les vergers de pommes à cidre des Côtes-d'Armor et du Finistère sont particulièrement exposés.

La Normandie suit de près, portée par les haies arbustives du Pays d'Auge et du Perche. J'y interviens régulièrement sur des jeunes plantations de pommiers haute-tige où l'écorce est rongée au ras du sol, parfois sur toute la circonférence du tronc. Les arbres de moins de six ans n'y survivent pas sans manchon de protection grillagé. La douceur automnale 2026, avec des températures supérieures de 2,1°C à la normale selon Météo France, a prolongé la période de reproduction du campagnol de plusieurs semaines.

Franche-Comté et Massif Central : lisières forestières et zones herbeuses

Le troisième foyer se situe dans les lisières forestières du Jura franc-comtois. Les forêts mixtes hêtre-sapin produisent cette année une masse de faînes et de glands exceptionnelle, phénomène que les forestiers appellent année de pleine fructification. Les campagnols roussâtres y trouvent une ressource alimentaire quasi illimitée, et l'INRAE Grand-Est modélise un maintien des densités élevées jusqu'en février 2027.

Le Massif Central ferme le panorama, avec un foyer identifié sur les plateaux de l'Auvergne et les monts du Lyonnais. Les zones herbeuses pâturées en extensif, caractéristiques de ces territoires, offrent un couvert végétal idéal au campagnol. Les gestionnaires de parcs naturels régionaux signalent déjà des galeries superficielles sur plusieurs centaines de mètres linéaires le long des sentiers. Les propriétaires de résidences secondaires y découvrent au retour des pelouses soulevées par les tunnels de surface.

Les dégâts à anticiper avant les premières gelées

Trois types de dégâts dominent mes interventions de novembre. D'abord le rongement d'écorce sur les jeunes arbres fruitiers, redoutable car il entraîne la mort de l'arbre par ceinturage. Ensuite les galeries superficielles qui ruinent une pelouse ou un gazon de prestige. Enfin, le risque sanitaire. Myodes glareolus est le réservoir principal en Europe du hantavirus Puumala, responsable de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Santé publique France recense chaque année entre 150 et 300 cas humains, concentrés justement sur ces quatre régions.

Les symptômes débutent par une fièvre brutale, des maux de tête violents et des douleurs abdominales. Toute personne manipulant du bois stocké à l'extérieur, nettoyant un abri de jardin ou retournant du compost où un campagnol a pu uriner doit porter un masque FFP2 et des gants nitrile. Je recommande en novembre un dépoussiérage humide systématique des caves et dépendances.

Lutte raisonnée : prédateurs, piégeage, pas d'anticoagulant

La règle que je martèle depuis quinze ans tient en une phrase : aucun rodenticide anticoagulant en milieu agricole ouvert. La bromadiolone, longtemps utilisée en traitement collectif, a été progressivement interdite en plein champ à cause de son effet dévastateur sur la chaîne alimentaire. Les buses variables, chouettes effraies et renards qui consomment un campagnol intoxiqué meurent à leur tour, et avec eux le meilleur régulateur naturel.

Je recommande donc une triple approche. D'abord favoriser les prédateurs : installer un nichoir à chouette effraie à moins de 300 m des vergers, préserver les perchoirs à buse variable, accepter la présence du chat domestique en périphérie des bâtiments. Ensuite poser des pièges à ressort en nasse, modèle Topcat ou SuperCat, directement dans les galeries actives repérées à la fumée. Enfin protéger mécaniquement chaque jeune arbre avec un manchon grillagé de 50 cm de haut, enterré de 5 cm. Cette méthode combinée fait baisser les dégâts de 70 à 80% en une saison, chiffre que je constate verger après verger.

Calendrier d'intervention jusqu'à février 2027

Novembre 2026 est la fenêtre critique. Les campagnols cherchent à constituer leurs réserves hivernales, se déplacent davantage et tombent plus facilement dans les pièges. Je conseille deux tournées hebdomadaires de relevé jusqu'à mi-décembre, puis un passage tous les quinze jours jusqu'en février. Les gestionnaires de collectivité qui m'appellent pour un diagnostic en novembre évitent presque toujours la crise de mars, période où les femelles reprennent la reproduction et où les densités explosent. Un suivi précoce coûte entre 400 et 800€ selon la surface, un rattrapage de printemps dépasse facilement 3000€.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un campagnol roussâtre d'un campagnol des champs ?
Le campagnol roussâtre Myodes glareolus mesure 8 à 11 cm avec une queue de 3 à 5 cm, un pelage brun-roux sur le dos et des flancs plus pâles. Le campagnol des champs Microtus arvalis, plus trapu, porte un pelage gris uniforme et une queue courte de 3 cm environ.
Quelles sont les 4 régions françaises concernées par la prolifération en novembre 2026 ?
Les quatre bassins de forte densité automne-hiver sont la Bretagne, la Normandie, la Franche-Comté avec les lisières du Jura et le Massif Central en Auvergne-Rhône-Alpes. Les suivis INRAE Grand-Est et Zone Atelier Armorique confirment ces concentrations sur les bocages, haies arbustives et zones herbeuses.
Quels dégâts le campagnol roussâtre cause-t-il en novembre ?
Il ronge l'écorce des jeunes arbres fruitiers en pied de tronc, creuse des galeries superficielles dans les pelouses et sert de réservoir au hantavirus responsable de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal chez l'humain.
Peut-on utiliser un rodenticide anticoagulant contre lui en milieu agricole ?
Non. Les anticoagulants comme la bromadiolone sont désormais fortement restreints en plein champ car ils empoisonnent les rapaces nocturnes et diurnes qui consomment les proies affaiblies. Il faut privilégier le piégeage à ressort en nasse et la protection des prédateurs naturels.

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