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Poser des bandes de glue sur les troncs d'arbres fruitiers avant l'hiver en 4 étapes 2026

Protocole en 4 étapes pour poser une bande de glue arboricole sur un pommier avant l'hiver, piéger la cheimatobie 2026.

Christophe Cohen • •
Pommier avec bande de glue arboricole posée sur carton à un mètre du sol en novembre
Pommier avec bande de glue arboricole posée sur carton à un mètre du sol en novembre

Les arboriculteurs amateurs se posent la même question chaque automne, comment limiter l'arrivée des chenilles défoliatrices dans leurs pommiers, poiriers, cerisiers et pruniers sans traiter chimiquement les frondaisons. La bande de glue arboricole posée sur le tronc répond à ce besoin, à condition de respecter un protocole précis. La cible principale est Operophtera brumata, la cheimatobie hiémale, dont la femelle est ailée uniquement de façon résiduelle et grimpe de nuit depuis le sol pour pondre dans les branches. Quatre étapes suffisent, à conduire en novembre pour couvrir toute la saison de montée.

Étape 1, préparer et nettoyer le tronc

Le tronc se prépare à hauteur d'homme, autour de 1 à 1,5 mètre du sol, zone où les femelles passent le plus souvent avant de rejoindre la ramure. On commence par gratter les écorces mortes avec une brosse métallique souple, en circulaire, pour éliminer tous les refuges où les chenilles pourraient contourner le piège. Les lichens épais sont brossés sans attaquer l'écorce vivante. L'opération se fait par temps sec, idéalement en fin de matinée, pour limiter les blessures d'écorce qui favoriseraient une infection fongique.

Les zones de recouvrement entre deux branches, les anciennes blessures de taille et les cicatrices de porte greffe reçoivent une attention particulière. Un simple contrôle visuel suffit, on cherche les fissures et les anfractuosités larges de plus d'un centimètre, qui offriraient un contournement du dispositif. Les éventuels nids de petites fourmis sont déplacés avec un pinceau sec plutôt qu'écrasés. L'arbre doit être propre, mais pas blessé.

Étape 2, poser le support cartonné

La bande de glue ne se pose jamais directement sur l'écorce. On interpose une bande de carton fort, de 20 centimètres de hauteur, roulée serrée autour du tronc et maintenue par deux liens en jute. Le carton isole physiquement la glu du bois, empêche son infiltration dans les tissus vivants et facilite le retrait du dispositif au printemps. Les ficelles en jute sont préférées aux cordons synthétiques, elles se dégradent naturellement si on les oublie et ne blessent pas le cambium quand l'arbre gagne en diamètre.

Le serrage doit être ferme sans comprimer. On vérifie en passant un doigt entre carton et écorce, à plusieurs endroits de la circonférence. Une bande trop lâche laisse passer les femelles par le dessous. Une bande trop serrée coupe la sève au moment du redémarrage de printemps. Les papetiers et les jardineries proposent du carton ondulé épais spécifique arboriculture, mais un carton de récupération propre et dense fait aussi l'affaire pour une poignée d'arbres.

Étape 3, appliquer la glu arboricole

La glu se dépose en cordon continu sur toute la circonférence du carton, à mi hauteur de la bande. On utilise un couteau à peindre souple ou l'embout du tube pression, en déposant un cordon d'environ 1 centimètre d'épaisseur. Les glues d'origine végétale, comme la Fruitin ou la Soluneem, se présentent en tubes de 200 grammes vendus entre 3 et 5 euros en jardinerie. Un tube couvre un arbre adulte, parfois deux jeunes sujets. La texture reste collante par temps froid, c'est précisément le but, puisque la pose intervient à l'entrée de l'hiver.

On privilégie une glu biologique, à base de résines végétales de type colophane et d'huiles végétales siccatives. Elle évite les composés dérivés du pétrole, plus durables mais moins compatibles avec les auxiliaires du verger. L'application se fait avec des gants, car la glu adhère à la peau et retire les parties souples au nettoyage. L'excès est à proscrire, un cordon trop épais coule le long du carton par temps doux et contamine l'écorce voisine.

Étape 4, surveiller et entretenir pendant l'hiver

La bande se contrôle tous les 15 jours. On note les captures, cheimatobies femelles brun gris, chenilles descendantes de fin d'automne, parfois araignées et coléoptères. Les débris végétaux, feuilles collées et poussière, forment avec le temps une couche sèche qui désactive progressivement la glu. On gratte alors doucement la croûte avec un bâtonnet en bois et on applique un cordon frais au dessus de la ligne existante. Un tube de 200 grammes couvre généralement deux à trois regarnissages par arbre et par saison.

Le registre d'observation, même sommaire, est utile. Il permet de comparer d'une année à l'autre la pression des chenilles sur une parcelle donnée. Les vergers familiaux les plus suivis tiennent une petite fiche par arbre avec la date de pose, la date de chaque contrôle et un décompte approximatif des captures. Cette traçabilité aide à ajuster la pose l'automne suivant, à décaler de huit à dix jours en région douce, ou à poser plus bas si l'arbre est jeune.

Retrait au printemps et limites de la méthode

Les bandes se retirent en mars avril, avant la montée des sèves et le redémarrage des fourmis utiles. On coupe les liens, on roule le carton avec la glu et les captures prises dedans, puis on jette l'ensemble aux ordures ménagères, jamais au compost domestique. L'écorce est inspectée une dernière fois pour vérifier l'absence de brûlure ou de nécrose sous le dispositif. Une marque légère brun clair peut subsister sans gravité, elle disparaîtra avec la croissance du tronc.

La méthode a deux limites assumées. Les jeunes arbres à écorce fine ne tolèrent pas la pose, même sur carton, le risque de brûlure du cambium reste trop élevé en dessous de 5 à 6 centimètres de diamètre. Les fourmis grimpantes, utiles contre les pucerons au printemps, sont capturées en premier, ce qui prive l'arbre d'auxiliaires naturels dans la ramure. Pour cette raison, on complète la pose par une couverture de sol maintenue propre et par une pose décalée dans le temps sur les grands vergers, plutôt qu'en traitement systématique de l'ensemble des sujets la même semaine.

Questions fréquentes

Quand poser les bandes de glue sur les arbres fruitiers ?
La pose intervient de fin octobre à mi novembre, avant les premières nuits durablement froides. Les femelles de cheimatobie commencent leur ascension dès les premières gelées légères et pondent dans les branches jusqu'en janvier selon la région.
Quelle glue arboricole choisir pour les fruitiers ?
Une glue arboricole d'origine végétale, à base de résines naturelles de type colophane et huiles végétales, convient aux pommiers, poiriers, cerisiers et pruniers. Les tubes de 200 grammes couvrent une pose par arbre et coûtent entre 3 et 5 euros en jardinerie.
Faut il poser une bande de glue sur un jeune pommier ?
Non, les jeunes plants à écorce fine réagissent mal au contact direct ou indirect de la glu, risque de brûlure et d'étouffement des tissus. On attend que le tronc dépasse 5 à 6 centimètres de diamètre et on isole systématiquement la glu avec un carton épais autour du bois.
Les bandes de glue capturent elles aussi des insectes utiles ?
Oui, c'est le reproche principal fait à cette méthode. Les fourmis grimpantes se collent en premier, ce qui prive l'arbre de ces auxiliaires contre les pucerons au printemps. On retire les bandes dès mars avril, avant la montée des sèves et le redémarrage de l'activité des fourmis.

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