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Grand murin vs grand rhinolophe en combles : 3 critères pour distinguer ces 2 chauves-souris novembre 2026

Grand murin ou grand rhinolophe dans vos combles ? 3 critères pour identifier ces 2 chauves-souris protégées. Zoologie urbaine novembre 2026.

Noham Coulibaly • •
Grand rhinolophe Rhinolophus ferrumequinum enroulé dans ses ailes suspendu à une poutre de combles, feuille nasale visible
Grand rhinolophe Rhinolophus ferrumequinum enroulé dans ses ailes suspendu à une poutre de combles, feuille nasale visible

Lors des travaux d'isolation automnaux dans les combles d'une maison de village française, il arrive de surprendre deux espèces de chauves-souris européennes : le grand murin (Myotis myotis) et le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum). Les deux sont de grande taille à l'échelle des chiroptères français, les deux fréquentent le même type de bâtiment ancien, et les deux sont strictement protégées par la loi. Trois critères morphologiques et comportementaux permettent pourtant de les distinguer sans les manipuler, information essentielle avant d'entreprendre le moindre chantier dans un grenier. Guide de reconnaissance et conduite à tenir en novembre 2026, période charnière pour l'entrée en hibernation.

Critère 1 : le museau, lisse chez le grand murin, feuille nasale chez le rhinolophe

Le premier critère, le plus visible à la lampe frontale, concerne la face. Myotis myotis présente un museau classique de chauve-souris, lisse, pointu, avec de grandes oreilles mobiles et nettement séparées. L'ensemble évoque un petit renard miniature suspendu la tête en bas. Rhinolophus ferrumequinum arbore au contraire une structure cutanée complexe sur le nez : une feuille nasale en forme de fer à cheval, d'où son nom scientifique. Cette excroissance charnue entoure les narines et sert à focaliser les ultrasons émis par le nez, et non par la bouche comme chez le murin. Observée de face à la lumière d'une lampe frontale rouge, cette feuille nasale est reconnaissable entre toutes et dispense de toute autre vérification. Aucune autre chauve-souris de la métropole française ne la porte à cette taille, à l'exception du petit rhinolophe, nettement plus petit.

Critère 2 : la position au repos, suspendue ou totalement enroulée

Le deuxième critère s'observe sans approcher l'animal, à bonne distance. Myotis myotis se suspend aux chevrons ou aux poutres par les pattes postérieures, ailes repliées le long du corps mais pattes et tête restant visibles. On distingue clairement son abdomen, son pelage dorsal brun gris et son ventre blanchâtre. Rhinolophus ferrumequinum, au contraire, s'enveloppe entièrement dans ses ailes, comme sous un parapluie refermé, ne laissant dépasser que le bout du museau. Cette posture, unique chez les rhinolophes européens, donne à l'animal une allure de petit fruit suspendu, sans aucun détail anatomique visible. Une colonie de rhinolophes dans une grotte ressemble ainsi à une grappe de pendentifs bruns parfaitement lisses, alors qu'une colonie de murins laisse voir les corps individuels, les oreilles dressées et les visages tournés vers l'intrus.

Critère 3 : l'habitat hivernal, combles tièdes contre grottes fraîches

Le troisième critère porte sur le choix du gîte d'hibernation, crucial en novembre. Myotis myotis hiberne dans des combles secs et modérément tempérés, entre 4 et 10 degrés, souvent sous les toitures de granges, d'églises ou de maisons anciennes à charpente massive. Il forme des colonies parfois impressionnantes, de plusieurs centaines d'individus, suspendus au faîte. Rhinolophus ferrumequinum préfère les grottes naturelles, les anciennes caves voûtées, les tunnels désaffectés et les mines, où la température oscille entre 6 et 12 degrés avec une forte humidité relative. Il tolère mal la sécheresse des combles chauffés, et une colonie trouvée dans un grenier d'habitation sera presque toujours un groupe de murins. En zone karstique du sud de la France, dans les Causses ou en Dordogne, les deux espèces peuvent partager la même cavité en novembre, offrant alors un bel exercice d'identification comparative.

Un statut strictement protégé par le droit français et européen

Les deux espèces bénéficient d'un niveau de protection maximal. L'arrêté ministériel du 23 avril 2007, modifié en 2017, fixe la liste des mammifères protégés sur l'ensemble du territoire national : Myotis myotis et Rhinolophus ferrumequinum y figurent, avec interdiction de destruction, capture, perturbation intentionnelle, mais aussi dégradation ou destruction des sites de reproduction et d'hibernation. L'article L411-1 du code de l'environnement prolonge cette protection par des sanctions pénales pouvant atteindre trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. La directive européenne Habitats-Faune-Flore (92/43/CEE) classe le grand rhinolophe en annexe II, imposant la désignation de zones spéciales de conservation. Toute intervention dans un gîte connu nécessite une dérogation préfectorale après avis du Conseil national de la protection de la nature.

Un auxiliaire majeur : 600 à 1 200 insectes par nuit et par individu

Au-delà du statut légal, ces deux chauves-souris jouent un rôle écologique considérable pour les propriétaires de maisons rurales. Une femelle adulte de grand murin consomme en moyenne 800 insectes nocturnes par nuit pendant la saison active, principalement des coléoptères (carabes, hannetons) qu'elle capture au sol en volant à basse altitude. Le grand rhinolophe cible davantage les papillons de nuit, dont les tordeuses des vergers et les mites alimentaires, avec une consommation équivalente. Sur une saison d'activité de six mois, une colonie de cent individus élimine donc environ 15 millions d'insectes, soit l'équivalent d'un traitement insecticide complet sur plusieurs hectares de verger ou de culture céréalière. Cette contribution gratuite aux équilibres agricoles explique pourquoi la Société française pour l'étude et la protection des mammifères finance des aménagements de bâtiments publics en faveur de ces espèces.

Travaux dans les combles : fenêtre novembre-mars uniquement

Si vous découvrez une colonie dans vos combles lors d'une inspection automnale, la règle est stricte. Aucun travaux lourds entre avril et octobre, période de gestation puis d'élevage des jeunes qui ne volent pas encore et mourraient par chute ou abandon maternel. La fenêtre d'intervention va de novembre à mars, pendant l'hibernation, mais même dans ce créneau il faut éviter de réveiller les animaux dont le métabolisme ralenti supporte mal les variations thermiques brutales. Contactez systématiquement le Groupe Chiroptères SFEPM de votre région avant tout chantier : une visite gratuite évalue les enjeux, propose des solutions d'intégration (chiroptière, accès dédié, isolation adaptée) et évite toute infraction involontaire. Déloger une colonie sans accompagnement expose aux sanctions évoquées plus haut et prive le quartier de l'un des régulateurs d'insectes les plus efficaces d'Europe tempérée.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un grand rhinolophe d'un grand murin au premier coup d'œil ?
Trois critères permettent la distinction sans manipulation. Le grand rhinolophe porte une feuille nasale en forme de fer à cheval sur le museau, absente chez le grand murin au museau lisse. Il s'enroule totalement dans ses ailes au repos, alors que le murin laisse pattes et abdomen visibles. Enfin, il préfère les grottes humides quand le murin choisit les combles secs.
Puis-je déloger une colonie de chauves-souris de mes combles en novembre ?
Non, jamais sans accompagnement du Groupe Chiroptères SFEPM de votre région. Même en période d'hibernation, réveiller les animaux dont le métabolisme ralenti supporte mal les variations thermiques peut leur être fatal. La fenêtre de travaux lourds va de novembre à mars, mais toute intervention nécessite une évaluation préalable et parfois une dérogation préfectorale.
Quelles sanctions en cas de destruction d'un gîte de chauves-souris ?
L'article L411-1 du code de l'environnement prévoit jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende pour destruction, capture, perturbation intentionnelle ou dégradation des sites de reproduction et d'hibernation. L'arrêté ministériel du 23 avril 2007 modifié en 2017 classe les deux espèces en protection stricte sur l'ensemble du territoire national.
À quoi sert concrètement une chauve-souris pour un propriétaire de maison ?
Une femelle adulte de grand murin consomme en moyenne 800 insectes nocturnes par nuit pendant la saison active : coléoptères, hannetons, carabes. Le grand rhinolophe cible les papillons de nuit et les mites alimentaires. Une colonie de cent individus élimine environ 15 millions d'insectes par saison, soit l'équivalent d'un traitement insecticide complet sur plusieurs hectares.

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