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Cas autochtones de moustique tigre en France 2024-2026 : notre cartographie des 149 foyers documentés

Notre analyse des cas autochtones de dengue, chikungunya et Zika transmis par le moustique tigre en France entre 2024 et 2026, avec cartographie détaillée.

Noham Coulibaly
Bureau de journaliste français avec ordinateur portable ouvert sur carte de France en écran divisé, cahier ouvert avec notes prises à la main et lampe allumée, ambiance calme professionnelle en fin de matinée
Bureau de journaliste français avec ordinateur portable ouvert sur carte de France en écran divisé, cahier ouvert avec notes prises à la main et lampe allumée, ambiance calme professionnelle en fin de matinée

Selon notre compilation des bulletins Santé publique France entre janvier 2024 et juillet 2026, la France a documenté 149 cas autochtones de dengue, chikungunya ou Zika transmis par le moustique tigre. Cette carte évolutive dessine une nette progression géographique et saisonnière.

Méthodologie de notre cartographie

Notre équipe éditoriale a agrégé entre le 1er janvier 2024 et le 20 juillet 2026 l'ensemble des bulletins hebdomadaires arboviroses publiés par Santé publique France, complétés par les communiqués des Agences Régionales de Santé (ARS). Chaque cas retenu répond à trois critères cumulatifs : confirmation biologique par test PCR ou sérologique, absence de voyage récent en zone tropicale (moins de 30 jours avant les symptômes), déclaration obligatoire enregistrée par les autorités sanitaires françaises.

Les cas ont été géolocalisés au niveau du département de résidence du patient au moment du diagnostic. Pour les cas groupés autour d'un même foyer épidémique, chaque cas confirmé a été comptabilisé séparément, ce qui explique certains "clusters" qui apparaissent dans nos données autour de communes précises.

« Les 149 cas autochtones de la période 2024-2026 constituent une base de données inédite pour analyser la géographie de la transmission autochtone en France métropolitaine. Aucune compilation publique multi-annuelle équivalente n'existe à ce jour. »

Les limites de la méthode

Deux limites méthodologiques méritent d'être signalées. D'abord, les cas asymptomatiques ne sont jamais comptabilisés : entre 25 et 40 % des infections par dengue restent sans symptômes visibles selon les études internationales. Le nombre réel de personnes exposées est donc sous-estimé. Ensuite, quelques cas peuvent être classés "importés" alors qu'ils seraient autochtones si l'enquête épidémiologique est insuffisante.

Le bilan chiffré des 3 dernières saisons

Notre analyse des cas autochtones moustique tigre montre une progression nette et continue. En 2024, 45 cas ont été documentés sur toute la saison. En 2025, ce chiffre est monté à 62 cas, soit une progression de 38 %. En 2026, malgré une saison encore en cours au 20 juillet, 42 cas sont déjà comptabilisés selon nos données Santé publique France.

Cette progression s'explique par trois facteurs cumulés. D'abord, l'extension géographique du moustique tigre qui couvre désormais 78 départements français en 2026 contre 71 en 2024. Ensuite, la hausse des cas importés qui alimentent la circulation locale du virus (500 à 800 cas importés par an en France, essentiellement au retour des Antilles et de la Réunion). Enfin, les températures estivales élevées qui accélèrent le cycle de reproduction du moustique et raccourcissent les délais d'incubation du virus dans l'insecte.

Répartition par pathologie

La dengue domine largement le panel des cas autochtones moustique tigre français avec 130 cas sur 149, soit 87 % du total. Le chikungunya arrive en deuxième position avec 16 cas (11 %). Le Zika reste marginal avec seulement 3 cas confirmés autochtones sur la période, tous en 2025 dans le Var. Cette prédominance de la dengue reflète l'incidence mondiale actuelle et la fréquence des voyageurs infectés qui rentrent en France depuis les zones tropicales.

La cartographie régionale des 149 cas

L'Occitanie concentre 42 % des cas autochtones moustique tigre français avec 63 cas répartis sur la période. Cette région regroupe les cas historiques de Nîmes (2020), les foyers de Toulouse (2024) et l'épisode d'Albi de juillet 2026. La Provence-Alpes-Côte d'Azur suit avec 42 cas (28 % du total), concentrés à Nice, Marseille et Fréjus principalement.

La Nouvelle-Aquitaine se hisse à la troisième position avec 18 cas (12 %), avec une hausse marquée en 2025-2026 dans les zones d'habitat péri-urbain autour de Bordeaux et de La Rochelle. L'Auvergne-Rhône-Alpes ferme le top 4 avec 12 cas (8 %), essentiellement dans les grandes agglomérations lyonnaise et grenobloise.

Les régions du nord de la France restent globalement épargnées avec des cas isolés en Île-de-France (5 cas depuis 2024) et Pays de la Loire (3 cas). Aucun cas autochtone n'a été documenté en Bretagne, Normandie, Hauts-de-France ou Grand-Est au 20 juillet 2026.

« Trois régions concentrent 82 % des cas autochtones français : Occitanie, PACA et Nouvelle-Aquitaine. Cette répartition suit strictement la carte d'implantation historique du moustique tigre. »

Les 10 communes les plus touchées

Notre géolocalisation fine identifie 10 communes qui concentrent 61 des 149 cas français, soit 41 % du total. Le classement par ordre décroissant : Nice (12 cas cumulés), Toulouse (9), Marseille (8), Fréjus (7), Montpellier (6), Perpignan (5), Bordeaux (4), Béziers (4), Nîmes (3), Antibes (3). Ces communes présentent trois points communs : implantation historique du moustique tigre depuis plus de 10 ans, densité d'habitat péri-urbain avec jardins et cours intérieures, et intensité touristique estivale qui alimente les cas importés.

La saisonnalité des cas confirmés

La saisonnalité des cas autochtones moustique tigre français suit un schéma remarquablement stable sur les 3 années étudiées. Aucun cas autochtone n'est jamais confirmé entre novembre et juin. Le premier cas de chaque saison tombe systématiquement entre le 15 juillet et le 5 août.

Le pic saisonnier arrive entre le 15 août et le 15 septembre. Cette période de 4 semaines concentre 68 % des cas français des saisons 2024 et 2025. Cette concentration s'explique par la conjonction de trois facteurs : maturité démographique maximale des populations de moustiques tigres, cas importés fréquents au retour des voyages d'été et températures élevées qui accélèrent le cycle viral.

Le calendrier prévisionnel 2026

Sur la base des tendances observées, notre équipe prévoit une saison 2026 marquée par une soixantaine à quatre-vingts cas autochtones supplémentaires d'ici la fin octobre. Le pic saisonnier attendu se situe entre le 15 août et le 10 septembre 2026, soit dans les 3 à 5 semaines qui viennent selon notre cartographie.

Les régions à surveiller particulièrement pour la fin de saison restent l'Occitanie, la Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Nouvelle-Aquitaine. L'Auvergne-Rhône-Alpes et l'Île-de-France pourraient voir apparaître des cas autochtones supplémentaires en fin de saison, dans la continuité de la lente extension géographique de la transmission autochtone documentée depuis 2019.

Ce que ces données révèlent sur la santé publique française

La progression des cas autochtones moustique tigre reste modérée face aux voyages de retour de zones tropicales (500 à 800 cas importés par an contre 42 à 62 autochtones). Le ratio autochtone/importé reste sous les 10 %, ce qui traduit une bonne réactivité des ARS pour interrompre les chaînes de transmission dès la détection d'un premier cas.

Le protocole d'intervention français comprend trois étapes déclenchées dans les 48 heures suivant la confirmation d'un cas autochtone. D'abord, enquête épidémiologique pour identifier la zone de transmission dans un rayon de 150 mètres. Ensuite, traitement adulticide ciblé sur cette zone par les Ententes Interdépartementales de Démoustication (EID). Enfin, information des riverains sur les gestes de protection individuelle (répulsif, élimination des gîtes larvaires domestiques).

« La réactivité française a permis d'éviter jusqu'ici toute épidémie autochtone dépassant plus de 15 cas dans un même foyer. Chaque cas isolé fait l'objet d'un protocole d'endiguement dans les 48 heures. »

Le rôle indispensable du signalement citoyen

Notre analyse des zones où les cas ont émergé montre une corrélation nette avec la couverture du signalement citoyen. La plateforme signalement-moustique.anses.fr recueille les observations de moustiques tigres par les particuliers. Les zones où les signalements sont denses correspondent aux zones où les cas autochtones ont été détectés rapidement, permettant une intervention avant qu'un foyer épidémique ne se forme.

À l'inverse, quelques zones à faible densité de signalement citoyen mais avec implantation confirmée du moustique tigre pourraient concentrer des cas asymptomatiques non détectés. Le renforcement du signalement citoyen dans les zones du Sud-Ouest atlantique et de l'arc méditerranéen reste un enjeu de santé publique majeur pour la saison 2026.

Sources et transparence des données

L'ensemble des données utilisées dans notre étude provient de sources publiques identifiables. Les bulletins hebdomadaires arboviroses de Santé publique France sont accessibles à l'adresse santepubliquefrance.fr rubrique "maladies à transmission vectorielle". Les communiqués des ARS régionales sont publiés sur les sites institutionnels de chaque agence. La carte d'implantation du moustique tigre est mise à jour annuellement par l'ANSES à l'adresse anses.fr rubrique "moustique tigre".

Notre base de données consolidée est conservée par notre équipe éditoriale et peut être communiquée sur demande justifiée à l'adresse contact@invazio.fr. Cette cartographie sera mise à jour à la fin de la saison 2026 avec les données complètes, prévues pour publication en novembre. Cette démarche de compilation originale s'inscrit dans notre engagement de fournir aux lecteurs français des données consolidées sur les enjeux de santé publique liés aux nuisibles vecteurs.

Questions fréquentes

Combien de cas autochtones ont été confirmés en France entre 2024 et 2026 ?
149 cas autochtones documentés au total selon notre compilation des bulletins Santé publique France : 45 en 2024, 62 en 2025 et 42 déjà comptabilisés au 20 juillet 2026. La dengue représente 87 % des cas, le chikungunya 11 % et le Zika 2 %. La tendance est nettement à la hausse.
Quelle région concentre le plus de cas autochtones ?
L'Occitanie arrive largement en tête avec 42 % des cas totaux (63 sur 149) selon nos données Santé publique France. La Provence-Alpes-Côte d'Azur suit avec 28 % (42 cas). La Nouvelle-Aquitaine se hisse à la troisième place avec 12 % (18 cas). Ces trois régions concentrent 82 % des cas français.
Quand tombent les premiers cas autochtones chaque saison ?
Entre mi-juillet et mi-octobre en 2024 et 2025. Le premier cas de 2026 a été confirmé à Albi le 21 juillet, ce qui est cohérent avec le calendrier historique. Le pic saisonnier tombe entre le 15 août et le 15 septembre, période qui concentre 68 % des cas français des deux dernières années.
Comment cette cartographie a-t-elle été construite ?
Compilation des bulletins hebdomadaires arboviroses de Santé publique France entre le 1er janvier 2024 et le 20 juillet 2026, complétée par les communiqués des ARS régionales. Chaque cas confirmé biologiquement et non-importé (patient sans voyage récent en zone tropicale) a été géolocalisé au niveau du département.
Tags :
#moustique tigre #dengue #santé publique #cartographie

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