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Lézard des murailles Podarcis muralis sur façade en automne 2026 : protection et cohabitation

Identifier le lézard des murailles sur les façades sud en octobre 2026, respecter sa protection stricte en France et aménager un refuge d'hiver au jardin.

Matogoma Nandoua • •
Lézard des murailles au dos gris-brun pointillé et au ventre blanc orangé, immobile sur un mur de pierre ensoleillé d'une façade de maison française en octobre, feuilles rousses au sol et plantes aromatiques en pied de mur.
Lézard des murailles au dos gris-brun pointillé et au ventre blanc orangé, immobile sur un mur de pierre ensoleillé d'une façade de maison française en octobre, feuilles rousses au sol et plantes aromatiques en pied de mur.

Les murs sud d'une maison française conservent la chaleur du soleil bien plus longtemps que l'air ambiant d'un après-midi d'octobre. C'est précisément cette inertie thermique qui attire les derniers lézards des murailles encore actifs avant leur entrée en hibernation. Beaucoup de propriétaires s'interrogent sur leur présence et parfois sur ce qu'il faut faire quand un petit reptile entre dans la maison. La bonne nouvelle est que la cohabitation est aussi simple qu'enrichissante pour l'équilibre du jardin, à condition de connaître leur statut juridique strict et quelques gestes qui facilitent leur passage de l'automne à l'hiver.

La réponse rapide en une phrase

Le lézard des murailles est un reptile strictement protégé en France depuis 1976, totalement inoffensif, utile au jardin, et il suffit de laisser accessibles les murs ensoleillés et les fissures pour cohabiter avec lui tout au long de l'année.

Identifier le lézard des murailles

Le lézard des murailles (Podarcis muralis) est le reptile le plus commun sur les façades de maison en France métropolitaine, présent partout sauf en haute altitude. Adulte, il mesure quinze à vingt centimètres de longueur totale, dont les deux tiers de queue. Son dos est gris-brun à brun fauve, finement moucheté de petites taches sombres et claires qui lui donnent un aspect pointillé caractéristique. Son ventre varie du blanc crème au jaune orangé vif, cette teinte orange étant plus prononcée chez le mâle en période de reproduction. Deux lignes claires discontinues courent le long des flancs. Il ne faut pas le confondre avec le lézard vert occidental, bien plus grand (jusqu'à trente centimètres) et uniformément vert pomme, ni avec l'orvet qui est en réalité un lézard apode, sans pattes, souvent pris à tort pour un serpent.

Thermorégulation et comportement d'octobre

Comme tous les reptiles, le lézard des murailles est ectotherme : il dépend des sources extérieures de chaleur pour atteindre sa température corporelle optimale, autour de trente degrés. En octobre, les matinées sont fraîches, les lézards sortent plus tard dans la journée, souvent après onze heures, et choisissent les expositions sud ou sud-est où un mur de pierre, un enduit sombre ou une tuile canal ont emmagasiné la chaleur. On les voit alors s'aplatir contre la surface, membres étalés, pour maximiser le contact thermique. En fin d'après-midi, dès que l'ombre gagne la façade, ils regagnent leur fissure habituelle. À partir de la mi-novembre dans la plupart des régions françaises, ils entrent en hibernation dans ces mêmes fissures ou sous une pierre, et ne ressortent qu'aux premières belles journées de mars.

Un reptile strictement protégé en France

Le lézard des murailles bénéficie d'une protection intégrale sur l'ensemble du territoire français. Trois textes se cumulent : l'arrêté interministériel du 19 novembre 2007 fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur le territoire national et les modalités de leur protection, la Directive européenne Habitats de 1992 qui l'inscrit à son annexe IV (espèces d'intérêt communautaire nécessitant une protection stricte), et la Convention de Berne de 1979 qui le place à son annexe II. Concrètement, sont interdits : la capture, la mutilation, la destruction, la perturbation intentionnelle, le transport, la détention, l'utilisation commerciale, et aussi la destruction, l'altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos, c'est-à-dire les fissures de mur, les tas de pierres et les anfractuosités de rochers. Un propriétaire qui prévoit un ravalement de façade important doit vérifier auparavant qu'il n'y a pas de lézard installé, et contacter la LPO de son département ou un bureau d'études naturaliste en cas de doute.

Cohabiter sans détruire son habitat

Cohabiter avec un lézard des murailles ne demande aucun effort particulier, juste quelques renoncements raisonnables. Laissez accessibles un ou deux pans de mur orientés sud, sans y suspendre de treillage dense qui bloque le soleil ni y installer un bardage neuf qui obture les fissures. Ne rebouchez pas systématiquement les joints de mur fissurés, car ce sont des refuges diurnes et surtout des sites d'hibernation. Si vous rejointoyez, faites-le au mortier de chaux hydraulique traditionnel plutôt qu'au ciment moderne qui scelle hermétiquement les failles. En pied de mur, plantez des aromatiques basses comme le thym serpolet, la sarriette des montagnes, l'origan et la lavande fine : elles attirent les mouches, moucherons et petites araignées dont se nourrissent les lézards, tout en offrant des coins d'ombre pour les journées chaudes. Évitez impérativement les insecticides et désherbants chimiques qui réduisent la ressource en proies et peuvent empoisonner les reptiles.

Que faire si un lézard entre dans la maison

Les intrusions involontaires de jeunes lézards sont rares mais arrivent, surtout en fin d'après-midi d'octobre quand le soleil rasant attire des insectes à l'intérieur. La bonne réaction tient en trois gestes. Ne lui courez pas après, cela l'affole et il se réfugie derrière un meuble ou dans une plinthe d'où il ressortira difficilement. Ouvrez en grand la porte ou la fenêtre la plus proche donnant sur le jardin, en vous assurant qu'une source de lumière extérieure est bien visible. Quittez la pièce une quinzaine de minutes en coupant tout bruit, et dans la grande majorité des cas, le reptile ressort seul en suivant la lumière. Si après trente minutes il est toujours là et visible, approchez-vous très lentement avec un petit carton et une fiche cartonnée : glissez la fiche sous ses pattes, posez le carton par-dessus, allez à la porte et déposez-le délicatement au pied du mur extérieur le plus proche. Ne le manipulez jamais par la queue, car elle se détache (autotomie défensive) et met des semaines à repousser, affaiblissant l'animal pour tout l'hiver.

Questions fréquentes

Le lézard des murailles est-il dangereux pour l'homme ?
Non, le lézard des murailles (Podarcis muralis) est totalement inoffensif pour l'homme et les animaux domestiques. Il ne mord pratiquement jamais quand on le manipule, et sa dentition minuscule serait incapable d'entailler la peau d'un adulte. Il n'est pas venimeux, il ne porte pas de parasites transmissibles au chien ou au chat, et il fuit systématiquement à l'approche d'un humain en se réfugiant dans la première fissure venue. Sa présence sur une façade de maison est au contraire bénéfique, car il consomme chaque jour une partie des moustiques, moucherons, petites araignées et fourmis qui tenteraient d'entrer. Le voir prendre le soleil sur un mur sud est le signe d'un jardin vivant et équilibré.
Peut-on déplacer un lézard des murailles qui niche sur sa maison ?
Non, le déplacement intentionnel d'un lézard des murailles est strictement interdit en France au titre de la protection des reptiles. Les textes de référence sont l'arrêté interministériel du 19 novembre 2007 fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur l'ensemble du territoire national, la Directive européenne Habitats de 1992 à l'annexe IV, et la Convention de Berne de 1979 à l'annexe II. Les interdictions couvrent la capture, la mutilation, la destruction, la perturbation intentionnelle, le transport, la détention et aussi la destruction des sites de reproduction et des aires de repos, dont les fissures de mur. En cas de travaux obligatoires sur la façade, contactez un bureau d'études naturaliste ou la LPO de votre département avant d'intervenir.
Pourquoi un lézard entre-t-il parfois dans la maison en octobre ?
Les intrusions sont rares et presque toujours accidentelles. Un jeune lézard de l'année, encore inexpérimenté, peut suivre une mouche ou un papillon jusqu'à l'intérieur par une porte ouverte, surtout en fin d'après-midi d'octobre quand le soleil rasant éclaire l'intérieur d'un couloir et attire les insectes. Il peut aussi chercher refuge dans une véranda non chauffée ou un cellier aux pierres encore tièdes. La bonne réaction : ne jamais lui courir après, cela le fait fuir sous un meuble ou dans un radiateur où il mourra. Ouvrez simplement en grand la porte du jardin la plus proche et quittez la pièce une quinzaine de minutes. Dans la majorité des cas, le reptile ressort seul en suivant la lumière extérieure.
Comment aménager son jardin pour accueillir les lézards des murailles ?
Trois aménagements simples suffisent à faire d'un jardin un refuge de choix. Conservez un mur en pierre sèche ou maçonné à l'ancienne au sud ou au sud-est, avec des joints fissurés, car ces failles servent de refuge diurne contre les prédateurs et de site d'hibernation. Installez un tas de pierres plates ou un petit pierrier en coin de parcelle, exposé au soleil le matin et à l'ombre partielle l'après-midi, pour faciliter la thermorégulation. Plantez en pied de mur quelques aromatiques basses comme le thym, la sarriette, l'origan et la lavande, qui attirent les insectes nourrissant les lézards tout en offrant des points d'ombre quand le soleil tape fort en été. Évitez enfin les désherbants chimiques et les insecticides, qui réduisent la quantité de proies disponibles.

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