Lithobie Lithobius forficatus : le mille-pattes rouge-brun des pots de fleurs à l'automne
Rapide, rouge-brun, caché sous les pots : la lithobie est un prédateur utile du jardin, à ne pas confondre avec un iule ni avec une scutigère.
À l'automne, retourner un pot de fleur sur un balcon ou dans un garage réserve souvent la même surprise : un petit mille-pattes rouge-brun fuse à toute vitesse vers un recoin sombre. Cet animal porte un nom qui prête à confusion, car il n'a ni mille pattes ni la lenteur des iules. Il s'agit presque toujours de la lithobie Lithobius forficatus, un chilopode très répandu dans les jardins français, souvent craint à tort alors qu'il rend d'importants services.
La réponse rapide en une phrase
La lithobie Lithobius forficatus est un petit prédateur rouge-brun au corps aplati, 15 paires de pattes et longues antennes, qui chasse la nuit sous les pots, pierres et écorces, inoffensif pour l'humain et utile au jardin.
Reconnaître la lithobie en trois signes
La Lithobius forficatus mesure autour de 2 à 3 cm à l'âge adulte. Son corps est aplati dorso-ventralement, luisant, de teinte rouge-brun à brun acajou. Elle porte 15 paires de pattes bien visibles, écartées sur les côtés, qui lui donnent une silhouette plus large que haute. Les antennes, longues et constituées de nombreux articles, lui servent de capteurs principaux : la lithobie a une vue médiocre, elle chasse surtout par contact et par vibration.
Le deuxième signe fiable est la vitesse. Dérangée, la lithobie fuit en ligne droite ondulante, à une allure que ni l'iule ni la plupart des cloportes n'atteignent. Le troisième signe est l'habitat : on la trouve toujours en milieu humide et sombre, pas sur un sol sec et exposé.
Ne pas confondre avec l'iule ni avec la scutigère
L'iule, du groupe des diplopodes, est cylindrique, lent, souvent noir brillant, et porte deux paires de pattes très courtes par segment, ce qui lui donne une allure de petit tube rayé. Au toucher, il se roule en spirale et émet parfois une odeur désagréable. L'iule est détritivore, il mange des matières végétales en décomposition, pas des proies vivantes.
La scutigère vélifère (Scutigera coleoptrata) a elle aussi 15 paires de pattes, mais elles sont extrêmement longues et fines, ce qui lui donne une silhouette d'étoile en mouvement, souvent de couleur grise rayée de sombre. On la rencontre plus souvent dans les maisons que dans les pots de balcon. La lithobie Lithobius forficatus se situe entre les deux par la morphologie, mais s'en distingue sans ambiguïté par sa couleur rouge-brun et par ses pattes bien plus courtes que celles d'une scutigère.
Un prédateur nocturne discret
La lithobie est carnivore stricte. Elle chasse à l'affût, cachée sous un pot, une pierre ou une écorce, et bondit sur les proies qui passent à portée. Ses crochets venimeux, situés sous la tête, injectent un venin paralysant adapté aux petites proies. Son menu habituel comprend des cloportes, des petites araignées, des larves d'insectes, des collemboles, parfois de jeunes limaces non protégées par un mucus épais.
Elle n'est pas un prédateur de masse comme un carabe, mais sa présence régulière contribue à la régulation naturelle des proies de son calibre. Dans un jardin ou sur un balcon fourni en pots, bacs et petits refuges, la densité de lithobies peut atteindre plusieurs individus par mètre carré sans que l'on s'en aperçoive, puisque chacun chasse de nuit sur un petit territoire.
Pourquoi elle colonise les pots de fleurs à l'automne
Deux conditions attirent la lithobie dans les pots : humidité du substrat et obscurité stable. En automne, l'arrosage reste régulier alors que l'évaporation diminue, et les feuilles mortes accumulées entre les pots forment une couche fermentescible qui attire les cloportes et les collemboles. La lithobie suit ses proies.
Les pots posés directement sur une dalle de balcon, un carrelage de terrasse ou le béton d'un garage sont des abris quasi parfaits : plancher sombre, humidité conservée par capillarité, température tempérée par la masse du support. En soulevant un pot, vous ouvrez brusquement cet habitat et surprenez la lithobie en pleine chasse ou au repos diurne.
Faut-il la déranger ?
Non. Dans la grande majorité des cas, la meilleure réaction est de reposer le pot ailleurs ou de le laisser revenir en place sans écraser l'animal. La lithobie ne mord pas spontanément, ne grimpe pas chercher l'humain, ne pénètre pas dans les logements à part par accident lorsqu'une porte-fenêtre reste ouverte sur un balcon humide.
Si la présence vous dérange, un geste simple suffit : surélevez les pots de 2 à 3 cm sur des cales en bois ou en plastique, laissez circuler l'air sous les récipients et retirez les tas de feuilles mortes contre les murs. L'humidité baisse, les proies disparaissent, les lithobies se déplacent vers des refuges plus favorables, souvent un simple tas de pierres ou de bois en fond de jardin.
Un auxiliaire à préserver
La lithobie Lithobius forficatus fait partie de la petite faune utile qui travaille gratuitement pour vous : elle réduit les populations de proies potentiellement nuisibles, décompose indirectement la matière organique en participant au cycle du sol, et sert elle-même de nourriture à des oiseaux insectivores, des hérissons, parfois des reptiles. Un jardin accueillant pour la lithobie est généralement un jardin équilibré, où aucun ravageur ne prend le dessus.
La prochaine fois que vous retournerez un pot d'automne et verrez cet éclair rouge-brun filer sous une feuille, laissez-le partir. Il travaille pour vous.
Questions fréquentes
La lithobie peut-elle mordre ou piquer un humain ?
Comment distinguer la lithobie d'un iule ou d'une scutigère ?
Est-ce qu'il faut la tuer si on la trouve dans un pot de fleur ?
Pourquoi en trouve-t-on autant à l'automne sous les pots de balcon ?
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