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Cloporte commun ou cloporte rugueux : 4 différences faciles à repérer sans microscope à l'automne

Carapace lisse ou granuleuse, uropodes fins ou trapus, habitat sec ou humide : reconnaître Oniscus asellus et Porcellio scaber en 4 critères simples.

Matogoma Nandoua • •
Deux cloportes posés côte à côte sur une écorce humide dans une cave, l'un à carapace lisse et brillante gris-brun ponctuée de jaune pâle, l'autre à carapace mate et très granuleuse d'aspect rugueux.
Deux cloportes posés côte à côte sur une écorce humide dans une cave, l'un à carapace lisse et brillante gris-brun ponctuée de jaune pâle, l'autre à carapace mate et très granuleuse d'aspect rugueux.

En octobre, chaque pierre retournée, chaque pot descellé, chaque écorce humide dans un tas de bois révèle une armée de petits crustacés gris que l'on appelle à tort tous "cloportes" sans distinction. En France métropolitaine, deux espèces dominent très largement et se confondent très souvent dans les caves, les jardins et les combles mal isolés. Les reconnaître à l'oeil nu demande seulement de connaître quatre critères simples.

La réponse rapide en une phrase

Pour distinguer les deux cloporte commun cloporte rugueux différences, il suffit d'observer la carapace (lisse ou granuleuse), les petits appendices arrière (fins ou trapus), le comportement face au stress et l'habitat préféré (très humide ou plus sec).

Pourquoi on les confond si souvent

Les deux espèces mesurent presque la même taille, de 12 à 18 mm à l'âge adulte, affichent des tons gris et gris-brun très voisins, se cachent dans les mêmes zones humides et ombragées, et courent de la même façon dès qu'on soulève leur abri. À distance d'un mètre, impossible de les séparer. Et pourtant, Oniscus asellus et Porcellio scaber appartiennent à deux familles distinctes et répondent à des conditions écologiques différentes, ce qui change ce qu'il faut faire quand on les retrouve en nombre dans un bâtiment. Prendre dix secondes pour les identifier correctement évite des traitements inutiles et oriente directement vers la vraie cause de leur présence.

Première différence : l'aspect général de la carapace

C'est le critère le plus rapide à l'oeil. Oniscus asellus, le cloporte commun, porte une carapace lisse et brillante au toucher, d'un gris-brun uniforme ponctué de petites taches jaune pâle alignées en bandes régulières le long du corps. L'adulte mesure 15 à 18 mm. Porcellio scaber, le cloporte rugueux, porte à l'inverse une carapace mate, visiblement granuleuse, presque râpeuse quand on le pose délicatement sur un doigt, d'un gris plus foncé ou gris-brun marqué de taches sombres irrégulières. L'adulte mesure 12 à 17 mm. Si la carapace brille sous la lumière d'une lampe, c'est le commun. Si elle paraît mate et grumeleuse, c'est le rugueux.

Deuxième différence : la forme des uropodes

Les uropodes sont les deux petits appendices que les cloportes portent à l'arrière du corps, visibles comme deux pointes dépassant juste après la dernière plaque dorsale. Chez Oniscus asellus, ils sont allongés, fins et pointus, et dépassent clairement le corps sur quelques millimètres : c'est l'un des critères les plus fiables pour les repérer à la loupe de poche ou même sans loupe sur un gros adulte. Chez Porcellio scaber, les uropodes sont trapus, compacts, courts, et affleurent à peine la silhouette du corps, parfois presque invisibles sur un individu posé immobile. Deux antennes pointues à l'arrière du cloporte, c'est le commun. Deux moignons courts, c'est le rugueux.

Troisième différence : le comportement au stress

C'est le critère qui désamorce une confusion très répandue. Beaucoup de gens pensent qu'un cloporte qui se roule en boule parfaite est l'un des deux : c'est faux. Ni Oniscus asellus ni Porcellio scaber ne se roulent en pelule hermétique quand on les dérange. Oniscus asellus ne se roule pas en boule : il aplatit le dos et détale rapidement se cacher sous le premier abri disponible. Porcellio scaber non plus : il ralentit, se tapit immobile en comptant sur son mimétisme granuleux, mais ne forme pas de boule. L'espèce qu'on observe se rouler en bille parfaite instantanément est Armadillidium vulgare, le cloporte boule, qui n'a rien à voir avec les deux autres. Confondre ces trois est une erreur très classique.

Quatrième différence : l'habitat préféré

Cette dernière différence est capitale pour comprendre pourquoi on les retrouve dans tel ou tel coin de la maison. Oniscus asellus préfère les milieux franchement humides, idéalement proches de l'eau : bord de ruisseau, dessous de pierres mouillées, soupiraux de caves inondables, pied de muret suintant, local de chaudière avec remontée capillaire. Sa cuticule est moins résistante à la déshydratation. Porcellio scaber tolère mieux l'air sec, grimpe plus facilement sur les parois verticales, et investit volontiers les murs intérieurs, les plinthes des combles mal isolés, les angles bas des pièces de vie. Les retrouver tous les deux au même endroit est fréquent, mais une présence massive d'un seul des deux donne déjà une indication précise sur le niveau d'humidité du bâtiment.

Un rôle écologique très utile à ne pas négliger

Les quatre cloporte commun cloporte rugueux différences servent à identifier, pas à condamner. Les deux espèces sont des détritivores précieux qui décomposent la litière végétale, le bois mort et les débris organiques du sol, et participent activement à la formation de l'humus et à la nutrition des plantes du jardin. Les éliminer avec un produit du commerce n'a aucun intérêt agronomique et appauvrit la vie du sol. Dans le jardin, cohabiter respectueusement est la seule réponse raisonnable.

En maison, assécher plutôt qu'éliminer

À l'intérieur d'un bâtiment, la présence répétée de l'un ou de l'autre signale un problème d'humidité, pas une invasion à combattre. La bonne réponse consiste à ventiler les caves et les locaux techniques, à traiter les remontées capillaires, à éloigner les pots retournés et les tas de bois des murs extérieurs, à vérifier l'étanchéité des soupiraux et des joints de porte-fenêtre. Quand les conditions ne leur conviennent plus, Oniscus asellus et Porcellio scaber repartent d'eux-mêmes vers le jardin, où ils rendent de vrais services écologiques.

Questions fréquentes

Les cloportes mordent-ils ou piquent-ils l'humain ?
Ni Oniscus asellus ni Porcellio scaber ne mordent ni ne piquent. Ce sont de petits crustacés terrestres détritivores, pas des insectes prédateurs, et leurs pièces buccales sont adaptées à broyer la litière végétale, le bois mort et les débris organiques, pas la peau humaine. Au contact, ils se contentent de fuir, de se tapir immobile en comptant sur leur mimétisme, ou de monter un peu sur la main avant de redescendre. Ils ne transmettent aucune maladie à l'homme ni aux animaux domestiques. Les détester ou vouloir les écraser systématiquement n'a aucune justification sanitaire. Leur présence en masse signale surtout un problème d'humidité qu'il faut traiter en priorité.
Comment différencier un cloporte d'un faux-cloporte boule ?
Le vrai cloporte boule, celui qui se roule en pelule parfaite lorsqu'on le dérange, est Armadillidium vulgare, un genre à part. Il mesure 10 à 18 mm, a une carapace lisse légèrement bombée gris foncé ou presque noire, et surtout il forme une boule hermétique parfaitement sphérique en moins d'une seconde, pattes et antennes rentrées. Ni Oniscus asellus ni Porcellio scaber ne font cela : ils peuvent se replier un peu sur eux-mêmes mais jamais fermer une boule complète. Si l'animal observé devient une bille grise au toucher, c'est Armadillidium vulgare. S'il se contente d'aplatir le dos et de courir se cacher, c'est l'un des deux autres.
Dans quels endroits de la maison les trouve-t-on en automne ?
Oniscus asellus préfère les milieux très humides proches de l'eau : cave inondable, pierre descellée de muret au contact direct du sol, soupirail d'ancienne maison avec remontée capillaire, local technique de chaudière mal ventilé, dessous d'évier avec fuite ancienne. Porcellio scaber tolère mieux l'air sec et grimpe plus facilement : on le retrouve sous les combles mal isolés, derrière les meubles bas en pièce de vie, dans les plinthes où il y a eu une infiltration ancienne même sèche, sur les murs intérieurs d'un rez-de-chaussée. En automne, les deux espèces cherchent la stabilité thermique de l'intérieur quand les premières nuits fraîches arrivent, et leur présence combinée signale un bâtiment humide qu'il faut assécher et ventiler.
Faut-il les éliminer ou les laisser dans le jardin ?
Il faut absolument les laisser dans le jardin. Oniscus asellus et Porcellio scaber sont des détritivores très utiles qui décomposent la litière végétale et le bois mort, et contribuent à la formation de l'humus et à la fertilité du sol. Ils jouent le même rôle écologique que les vers de terre à la surface. Les éliminer avec un produit du commerce n'a aucun intérêt agronomique, appauvrit la vie du sol et déplace le problème sans le résoudre, puisque de nouveaux cloportes recoloniseront la zone en quelques semaines. En maison, la bonne réponse est l'assèchement des zones humides : ventilation, étanchéité, suppression des pots retournés contre un mur, éloignement du tas de bois. Les cloportes repartent d'eux-mêmes quand les conditions ne leur conviennent plus.

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